Partir en vacances quand on est photographe

Une vue sur Manhattan en pause longue : merci le gorillapod et le déclencheur souple

Le problème en tant que photographe, c’est qu’on ne sait pas s’arrêter. Il y a toujours quelque chose qui attire l’oeil. Alors comment partir en voyage et découvrir de nouveaux horizons sans faire de son mieux pour immortaliser tout ça, en profitant quand même des vacances (visites et repos) ? Difficile de doser pour profiter des vacances (et éviter d’agacer son compagnon de voyage) tout en rentrant satisfait des photos qu’on a prises !

Jusqu’à présent, je n’emportais qu’un reflex, un objectif, et un compact pour quand c’est compliqué d’avoir un gros sac (dans les musées par exemple). Résultat : de belles photos de touriste ! Un peu décevant quand on aime faire des clichés un peu sympas.

Cette année, j’ai profité de mon troisième voyage aux Etats Unis pour voir ce que ça donnerait d’emporter un peu plus de matériel. Partir en terrain connu, c’est plus rassurant pour faire des tests. Mon premier voyage, il y a 10 ans, avec un reflex argentique et un des premiers compacts du marché sous le bras, m’a laissé des photos que je juge plutôt très moches aujourd’hui. Allais-je enfin effacer cette frustration ?!

Premier problème : les bagages.

Au tri habituel de tout voyageur pour éviter d’avoir une valise pleine de choses inutiles s’ajoute le tri photo. Comment faire pour avoir tout le matériel dont on peut avoir besoin sans se retrouver avec un bagage à main de 20kg, ce qui n’est de toute façon pas possible en avion ? Et comme il est déconseillé de mettre des objets de valeur / fragiles en soute… J’ai commencé par opter pour un minimum de fringues, me convaincant que la visite d’une laverie New Yorkaise serait tout aussi instructive que le MoMA. Puis j’ai choisi mon fidèle compact, un reflex, 2 objectifs (17-55mm et 70-200mm), un gorillapod (moins encombrant qu’un vrai pied), un filtre gris et un déclencheur souple. Plus, évidemment, cartes mémoire, batteries, chargeurs… sans oublier l’indispensable sac photo pour trimballer tout ça. A l’aller, pas de problème, mon bagage à main était mon sac photo et basta. En revanche au retour… Aller à New York sans faire de shopping est mission impossible. Bonjour le casse-tête pour tout rapporter, le sac photo étant déjà plein ! Je vous rassure, j’ai réussi. Je me suis pété les épaules mais j’ai réussi !

Deuxième problème : l’organisation sur place.

Ca y est, je suis installée à l’hôtel, prête à partir en vadrouille. OK, c’est quoi le programme aujourd’hui ? Parce que coupler 10km de marche à pied avec la visite de 2 musées n’est pas très compatible avec un sac photo de plusieurs kilos ! Il faut choisir. Ou repasser à l’hôtel. Pas forcément évident. Moi qui n’avais pas eu le temps d’établir un planning avant de partir, j’ai été un peu obligée d’y réfléchir sur place. Je pense que j’ai encore de gros progrès à faire sur ce plan là, mais je ne m’en suis pas trop mal sortie pour une première fois.

Troisième problème : la panne.

Eh oui, je n’ai pas eu de bol ! En plein milieu de mon séjour, j’ai assisté au plus beau lever de lune de ma vie, et c’est précisément ce moment qu’a choisi mon objectif préféré pour lâcher. Ca m’a un tout petit peu énervée. J’ai foncé dans le magasin de photo le plus proche, pour pouvoir au pire partager mon malheur, au mieux y trouver une solution. Et là, surprise : ils sont super gentils les gens à Boston ! En tant que Parisienne, je manque d’habitude. J’ai discuté 20 minutes avec le gérant, il m’a expliqué quel était le problème, m’a conseillé d’attendre mon retour en France pour aller au SAV de ma marque, et m’a indiqué les 2 seuls magasins fiables de New York, au cas ou je voudrais acheter ou louer du matériel. Deuxième effet kiss cool : je suis nulle en technique en anglais. Bon déjà, je ne suis pas très calée en mécanique en français. Mais alors là, 20 minutes de conversation à essayer d’expliquer ce qui ne va pas et à écouter d’où vient le problème pour être capable de le dire en français après… J’ai compris assez pour faire illusion sur place comme en France, mais une chose est sûre, il va falloir que je lise davantage de blogs photo en anglais ! Et puis comme quand ça veut pas, ça veut pas, à New York, les magasins de photo sont tenus par des juifs et c’était Roch Hachanah. Autrement dit, j’ai trouvé porte close. Pour tout le restant de mon séjour.

Conclusion : difficile rime avec possible !

Malgré les différents problèmes, j’ai trouvé pas mal d’avantages. Déjà, ça m’a fait un voyage 3 en 1 : faire la touriste en visitant des musées, des magasins et en flânant léger, faire la photographe en réservant des moments exprès pour ça, et faire la new yorkaise en me levant avant l’aube, en allant à la laverie, en prenant le métro du matin avec les travailleurs et en ayant des contacts avec l’autochtone… J’ai pu tout combiner ! Et je suis revenue de mes vacances ravie. Pas reposée par contre, ça j’ai pas réussi à caser 😀

Au retour, ça donne quelques photos dont je suis contente, comme celles-ci :

Un écureuil de Boston : merci le 70-200mm
Des rayons matinaux à Boston : merci… le compact, parce que faire de belles photos ce n’est pas qu’une question de matériel, c’est aussi être au bon endroit au bon moment.
Une écrevisse à Central Park : merci… à la chance et au réveil qui m’a sortie du lit à 5h du matin !

Quelques amis non photographes ayant séjourné à New York se sont agréablement étonnés de mes photos. Mais il n’y a pas de secret, pour éviter les photos du touriste, il ne faut pas se comporter comme un touriste. Profiter des vacances pour se lever super tôt est un concept qui peut paraitre surprenant à certains, voire un peu dingue, mais le résultat est là. Je suis partie avec quelques photos en tête, et je suis rentrée avec encore mieux. Et puis avoir Central Park pour soi tout seul, ça n’a pas de prix !

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